Publié le 15 mars 2024

Contrairement à la croyance populaire, la valeur future de votre propriété dépend moins des cycles du marché que de sa capacité à devenir une « propriété-solution » pour les deux forces démographiques qui façonnent le Québec.

  • Le vieillissement de la population rend l’accessibilité (rez-de-chaussée, plain-pied) un critère non-négociable, créant une prime de valeur.
  • L’essor du télétravail et l’arrivée de nouveaux talents exigent des espaces fonctionnels, comme une pièce fermée pour un bureau, transformant le 4 ½ en nouveau standard.

Recommandation : Analysez votre bien non pas en pieds carrés, mais en fonction de sa capacité à résoudre les contraintes de vie de l’acheteur de demain. C’est là que réside sa véritable valeur à long terme.

En tant que propriétaire ou investisseur au Québec, votre attention est probablement captée par les fluctuations des taux d’intérêt, les prévisions de marché et les manchettes économiques. Ces facteurs sont importants, mais ils ne sont que l’écume des vagues. Sous la surface, deux courants de fond puissants et inéluctables redessinent la carte immobilière québécoise pour la décennie à venir : le vieillissement de la population et une immigration dynamique. Comprendre qui seront les acheteurs de demain, ce qu’ils chercheront et, surtout, ce qu’ils ne pourront pas accepter, est la clé pour évaluer la pertinence et la valeur future de votre patrimoine.

L’erreur serait de penser ces tendances de manière abstraite. Elles ont des implications très concrètes sur l’agencement d’un appartement, la localisation d’une maison ou la pertinence d’un type de logement. Si le discours ambiant se concentre sur le « où » investir, la véritable question stratégique est « pour qui » ? La valeur d’un bien ne sera plus seulement une question de quartier, mais d’adéquation à des besoins démographiques spécifiques et non-négociables. Un bien immobilier devient une « propriété-solution » : une réponse à un besoin de télétravail, une solution à une perte de mobilité, un point d’ancrage pour une nouvelle vie.

Cet article propose une analyse démographique appliquée à la brique et au mortier. Nous allons décortiquer, segment par segment, les profils des acheteurs qui domineront le marché dans les prochaines années. En comprenant leurs contraintes et leurs aspirations, vous serez en mesure non seulement d’anticiper la demande, mais aussi de prendre des décisions d’investissement plus éclairées, assurant la pérennité et la croissance de la valeur de votre bien.

Ce guide explore en profondeur les nouvelles dynamiques du marché immobilier québécois. Vous y découvrirez comment les grandes tendances démographiques se traduisent en caractéristiques concrètes et recherchées, vous donnant une grille de lecture essentielle pour vos décisions futures.

Bureau à domicile obligatoire : comment l’exigence d’une pièce fermée a changé la demande pour les 4 ½ ?

L’exigence d’une pièce fermée a fondamentalement redéfini la notion de logement adéquat pour une large part de la population active. Le 4 ½ (deux chambres) n’est plus simplement une option pour une petite famille, il est devenu le minimum viable pour un couple ou même une personne seule en télétravail. La deuxième chambre n’est plus une chambre d’amis, c’est un bureau non-négociable. Cette évolution structurelle, loin d’être un effet de mode post-pandémique, s’est installée durablement dans les mentalités et les pratiques.

La pérennisation du travail hybride est une réalité démographique et économique. Au Québec, les données de l’Institut de la statistique du Québec confirment que près de 35% de la main-d’œuvre pratique le télétravail, majoritairement en mode hybride. Pour cet important segment d’acheteurs, la présence d’un espace de travail dédié, isolé du reste de l’aire de vie, est passée du statut de « confort » à celui de « prérequis ». Un 3 ½, même spacieux et bien situé, sera systématiquement écarté au profit d’un 4 ½, même légèrement plus cher ou plus éloigné.

Cette quête d’espace fonctionnel a engendré un « arbitrage de l’espace ». Les acheteurs sont prêts à faire des compromis sur la distance pour obtenir la pièce supplémentaire qui garantit leur productivité et leur bien-être mental. Une étude a révélé que la distance entre le travail et la maison des Montréalais a connu une augmentation moyenne de 32% entre février et août 2020. Ce chiffre illustre parfaitement comment le télétravail a élargi le champ des possibles, rendant attractives des propriétés situées dans des couronnes plus lointaines ou des villes régionales, pourvu qu’elles offrent cette configuration spatiale essentielle. Pour un investisseur, cela signifie que la valeur d’un bien avec une pièce fermée supplémentaire bénéficie d’une prime structurelle, car il répond à un besoin fonctionnel majeur du marché.

Accessibilité et ascenseur : pourquoi les rez-de-chaussée valent de l’or pour la population vieillissante ?

Pour la population vieillissante, un rez-de-chaussée ou un logement accessible par ascenseur n’est pas un luxe, mais une condition essentielle au maintien de l’autonomie. Alors que le Québec vieillit, les propriétés qui éliminent la contrainte des escaliers acquièrent une valeur intrinsèque qui transcende les critères esthétiques ou de superficie. Elles deviennent des « propriétés-solutions » pour un segment démographique en pleine expansion et dont les besoins sont spécifiques et non-négociables.

Le poids démographique de cette tendance est incontestable. Selon le bilan démographique 2024, 21,1% de la population québécoise est âgée de 65 ans et plus. Ce groupe, souvent désireux de « vieillir chez soi », recherche activement des logements qui ne deviendront pas des obstacles avec le temps. Un condo au troisième étage sans ascenseur ou une maison à paliers multiples, aussi charmants soient-ils, représentent un risque et une source d’anxiété futurs. À l’inverse, un bungalow de plain-pied ou un condo en rez-de-jardin devient un investissement sécuritaire et désirable.

Ces biens immobiliers ne se contentent pas de répondre à un besoin; ils offrent la tranquillité d’esprit. Pour un acheteur senior, le coût d’une rénovation pour adapter un logement (installation d’une rampe, d’un monte-escalier) est un frein majeur. Une propriété déjà accessible se vendra donc plus vite et à un meilleur prix, car elle élimine cette « friction » financière et logistique.

Bungalow québécois rénové avec rampe d'accès et aménagements adaptés pour l'accessibilité

Comme le montre cette image, l’intégration de solutions d’accessibilité modernes à l’architecture québécoise traditionnelle n’est pas seulement fonctionnelle, elle peut être esthétique et valorisante. Pour un investisseur, cibler ou adapter des propriétés pour ce marché n’est pas une niche, c’est s’aligner sur l’une des plus puissantes tendances démographiques de notre époque. La valeur n’est plus dans les « marches qui mènent au rêve », mais dans l’absence de marches qui mène au confort quotidien.

Plan d’action : financer un logement accessible au Québec

  1. Vérifier l’éligibilité au Crédit d’impôt fédéral pour accessibilité domiciliaire, qui peut couvrir une partie des dépenses pour des rénovations majeures.
  2. Se renseigner sur le Programme d’adaptation de domicile (PAD) du gouvernement provincial, qui offre des subventions pour l’installation de rampes ou l’adaptation de salles de bain.
  3. Contacter sa municipalité pour connaître les programmes locaux d’aide à la rénovation, qui peuvent compléter les aides gouvernementales.
  4. Explorer le Crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés, qui permet un remboursement d’une partie des dépenses admissibles liées à l’adaptation du logement.
  5. Consulter un expert-comptable pour optimiser la combinaison de ces différentes aides fiscales et subventions avant d’entreprendre les travaux.

Quels quartiers privilégient les nouveaux arrivants et quel type de logement cherchent-ils en premier ?

Les nouveaux arrivants au Québec ne suivent plus une trajectoire unique vers le centre de Montréal. Leurs choix sont de plus en plus guidés par un triptyque pragmatique : la proximité d’un bassin d’emploi spécifique, la présence d’une communauté culturelle d’ancrage et le coût de la vie. Ils cherchent avant tout un logement fonctionnel, bien desservi par les transports en commun et offrant un bon rapport qualité-prix, souvent un appartement locatif de type 4 ½ ou 5 ½ pour accueillir une famille.

Cette nouvelle « géographie de l’intégration » est une tendance de fond. Le bilan démographique du Québec révèle que 44% des immigrants permanents et résidents non permanents se sont établis hors de l’île de Montréal en 2021, une augmentation significative par rapport aux 30% de 2001. Des villes comme Longueuil, Laval, Sherbrooke, Gatineau ou même des pôles régionaux en croissance captent une part grandissante de cette nouvelle population. Ces acheteurs et locataires potentiels créent une demande soutenue pour des logements familiaux dans des zones autrefois considérées comme secondaires.

L’origine des immigrants joue également un rôle dans la définition de leurs besoins. Le profil des nouveaux arrivants est diversifié, ce qui se traduit par une variété de besoins en matière de logement.

La France représente 13% des immigrants permanents admis en 2023, suivie du Cameroun (12%), de la Chine (11%), de l’Algérie et du Maroc (4,7% chacun)

– Institut de la statistique du Québec, Bilan démographique du Québec 2024

Pour un investisseur, cela signifie que la demande locative n’est plus concentrée uniquement dans les quartiers centraux de Montréal. Un plex bien entretenu à proximité d’un parc industriel en expansion à Brossard, d’un hôpital à Sherbrooke ou d’une université à Québec peut représenter un investissement tout aussi, sinon plus, pertinent. L’enjeu est de repérer les corridors où se croisent les opportunités d’emploi et les réseaux communautaires, car c’est là que la demande locative des nouveaux arrivants sera la plus forte et la plus stable.

Pourquoi y a-t-il plus de ménages d’une seule personne et quel impact sur les studios ?

L’augmentation du nombre de ménages d’une seule personne est une transformation sociologique profonde, résultant de facteurs multiples : allongement des études, carrières priorisées, séparations plus fréquentes et vieillissement de la population. Cette tendance structurelle crée une demande soutenue pour des logements plus petits et optimisés, comme les studios et les micro-condos. Cependant, la valeur de ces unités ne réside plus seulement dans leur superficie, mais dans l’écosystème de services et d’espaces partagés qui les entoure.

Pour une personne vivant seule, le logement n’est pas qu’un refuge; il est aussi une plateforme sociale. L’isolement étant une préoccupation majeure, les projets immobiliers qui intègrent des espaces communs de qualité (salons, terrasses sur le toit, cuisines collectives, espaces de cotravail) répondent à un besoin fondamental de connexion. Une étude sur le marché montréalais montre que, malgré les défis de zonage limitant la construction de petites unités, les projets avec des aires partagées se vendent plus rapidement et à des prix plus élevés. Ils offrent une « propriété-solution » qui combine l’indépendance d’un espace privé avec les avantages d’une vie communautaire.

Vue intérieure d'un micro-condo moderne avec espace optimisé et aire commune visible au loin

Cette vision d’un habitat densifié mais socialement riche transforme le marché. Le studio n’est plus un simple « petit appartement », mais la composante privée d’un ensemble plus vaste. L’acheteur ou le locataire solo n’achète pas seulement 400 pieds carrés, mais aussi l’accès à une salle de sport, un espace de travail et une communauté. Pour un développeur ou un investisseur, cela signifie que l’attractivité d’un projet de petites unités est directement proportionnelle à la qualité de ses aménités partagées. Investir dans un simple bloc de studios sans vision communautaire, c’est passer à côté de la véritable attente de ce segment de marché.

Le défi n’est donc pas seulement de construire petit, mais de construire intelligent, en concevant des lieux de vie qui favorisent les interactions tout en préservant l’intimité. La valeur ajoutée se déplace de l’unité elle-même vers l’expérience de vie globale offerte par l’immeuble.

Le marché du luxe est-il immunisé contre la crise ou le premier à tomber ?

Le marché immobilier de luxe fonctionne selon ses propres règles, souvent décorrélées des cycles du marché résidentiel standard. Il n’est pas « immunisé » contre les crises, mais il est moins sensible aux facteurs locaux comme les fluctuations des taux d’intérêt, car sa clientèle est souvent internationale, moins dépendante du crédit, et considère l’immobilier comme une classe d’actifs pour diversifier son patrimoine. Sa performance dépend davantage de la santé économique mondiale et de l’attractivité de la place (stabilité politique, qualité de vie).

Au Québec, le segment haut de gamme a montré une résilience remarquable. Une étude sur le marché québécois a montré que le prix médian d’une maison unifamiliale de luxe a grimpé de 10,6% pour atteindre 625 500 $ en 2024. Cette croissance, supérieure à celle d’autres segments, démontre une demande forte et soutenue pour les biens d’exception. Ces acheteurs ne cherchent pas seulement un toit, mais un statut, une architecture unique, une localisation prestigieuse et des prestations exclusives (vue, sécurité, services de conciergerie).

Cependant, ce marché est aussi plus volatil. En cas de récession mondiale ou de crise géopolitique, il peut être le premier à subir des corrections, car les achats de luxe sont discrétionnaires et peuvent être reportés. La liquidité peut aussi être un enjeu : un bien de plusieurs millions de dollars a un bassin d’acheteurs beaucoup plus restreint, et son temps de vente peut être considérablement plus long qu’un condo standard.

Le tableau suivant illustre bien les dynamiques différentes au sein même du marché immobilier québécois, montrant une croissance robuste mais différenciée selon le type de propriété.

Comparaison des segments du marché immobilier québécois 2024
Type de propriété Prix médian 2024 Variation annuelle
Maison unifamiliale 625 500 $ +10,6%
Copropriété 446 200 $ +8,6%

En somme, le marché du luxe n’est ni une forteresse imprenable ni le premier domino à tomber systématiquement. C’est un segment à part, mû par des capitaux internationaux et des motivations d’investissement, qui offre un potentiel de plus-value important mais comporte un risque de liquidité plus élevé.

Comment la démographie va transformer la carte immobilière du Québec dans les 5 prochaines années ?

Dans les cinq prochaines années, la démographie va transformer la carte immobilière du Québec autour de deux axes majeurs : une densification douce des banlieues existantes et l’émergence de nouveaux pôles d’attraction en région. Cette transformation ne sera pas une révolution brutale, mais une évolution profonde dictée par l’incapacité de l’accroissement naturel à soutenir la population et une dépendance totale à l’immigration pour assurer la croissance.

Les chiffres sont sans appel. L’Institut de la statistique du Québec rapporte que l’accroissement naturel du Québec est négatif, à -1 400 personnes en 2024. Ce déficit est plus que compensé par un solde migratoire international de 158 600 personnes. Concrètement, cela signifie que la quasi-totalité de la nouvelle demande de logements provient de personnes nées hors du Canada. Cette réalité a des conséquences directes sur le « où » et le « quoi » construire.

Vue aérienne d'un quartier de banlieue québécois montrant l'évolution vers une densification douce

Premièrement, les banlieues de la première et deuxième couronne ne pourront plus se contenter du modèle du bungalow unifamilial sur grand terrain. La pression foncière et le besoin de loger plus de monde pousseront les municipalités à favoriser la « densification douce » : conversion de maisons en duplex, autorisation de logements accessoires (garden suites), et développement de petits immeubles à logements sur des terrains vacants. Le quartier de banlieue de demain sera plus mixte, intergénérationnel et moins dépendant de la voiture.

Deuxièmement, la répartition de l’immigration à travers la province va créer de nouveaux marchés dynamiques. La recherche d’emplois et d’un coût de la vie abordable pousse les nouveaux arrivants bien au-delà de l’île de Montréal. Des villes comme Trois-Rivières, Drummondville ou Saint-Jérôme, dotées de tissus économiques locaux solides, verront leur marché locatif et leur demande de propriétés d’entrée de gamme se renforcer. La carte immobilière ne sera plus une simple opposition « Montréal vs le reste », mais une mosaïque de marchés régionaux dynamiques avec leurs propres spécificités.

L’erreur d’acheter une maison « pour la vie » quand vos besoins changeront dans 5 ans

L’idée romantique d’acheter une maison « pour la vie » est l’une des erreurs financières les plus coûteuses sur le marché immobilier québécois. Elle ignore une réalité fondamentale : nos besoins en matière de logement évoluent drastiquement au fil des étapes de la vie. Acheter une grande maison de banlieue à 30 ans « en prévision des enfants » peut sembler prudent, mais cela revient souvent à payer pour des espaces inutilisés pendant des années, tout en s’exposant à une importante « friction transactionnelle » lors d’un futur déménagement.

Cette friction n’est pas un concept abstrait. Au Québec, elle se compose de coûts bien réels qui amputent le capital à chaque transaction : la taxe de bienvenue, les frais de courtage, les pénalités pour rupture d’hypothèque, les frais de notaire et de déménagement. Comme le souligne un expert, cette accumulation peut représenter des dizaines de milliers de dollars.

Acheter ‘trop grand trop tôt’ peut coûter des dizaines de milliers de dollars en frais de friction au Québec, incluant la taxe de bienvenue, les frais de courtage et les pénalités hypothécaires

– Expert immobilier, Analyse du marché québécois

Une approche plus stratégique consiste à voir son parcours immobilier non pas comme un achat unique, mais comme une séquence d’investissements adaptés à chaque phase de la vie. Un plan de match sur 20 ans pourrait ressembler à ceci :

  • 25-35 ans : Un condo en ville ou en proche banlieue, privilégiant la proximité de l’emploi et de la vie sociale, minimisant les coûts d’entretien.
  • 35-55 ans : Une maison de banlieue ou un grand logement pour accueillir une famille, avec un accent sur les écoles, les parcs et l’espace (la fameuse pièce de bureau !).
  • 55-65 ans : Le « downsizing » vers un duplex ou un triplex. Cette étape permet de libérer du capital, de réduire l’entretien et de générer un revenu locatif d’appoint pour la retraite.
  • 65+ ans : Un condo avec services, un logement de plain-pied ou une résidence adaptée, en fonction du niveau d’autonomie, pour maximiser le confort et la sécurité.

Penser son patrimoine immobilier comme un parcours évolutif plutôt qu’une destination finale permet d’optimiser ses finances, de réduire les coûts de friction et de s’assurer que son logement reste une « propriété-solution » à chaque étape de la vie, et non un fardeau financier ou logistique.

À retenir

  • La pièce de bureau fermée est passée du statut de luxe à celui de nécessité pour une grande partie des acheteurs, redéfinissant la valeur du 4 ½.
  • L’accessibilité est le nouveau critère d’or : les propriétés de plain-pied ou avec ascenseur commandent une prime en raison du vieillissement de la population.
  • La demande immobilière suit les corridors économiques et communautaires des nouveaux arrivants, dynamisant les marchés bien au-delà de Montréal.

Au-delà de Montréal : quelles villes du Québec offrent le meilleur ratio prix/loyer en ce moment ?

Identifier les villes offrant le meilleur ratio prix/loyer ne se résume pas à un simple calcul mathématique. Le « meilleur » ratio est celui qui est durable, soutenu par des fondamentaux économiques et démographiques solides. Au-delà de Montréal, plusieurs villes de taille moyenne se démarquent non pas par des aubaines spéculatives, mais par un équilibre sain entre un coût d’acquisition encore raisonnable et une demande locative forte, alimentée par des catalyseurs économiques concrets.

Étude de cas : les moteurs économiques des villes émergentes

Des villes comme Drummondville, Saint-Hyacinthe et Joliette illustrent parfaitement cette nouvelle dynamique. Drummondville s’est positionnée comme un hub logistique majeur, attirant des entreprises et des travailleurs. Saint-Hyacinthe développe un pôle agro-technologique de pointe, créant des emplois qualifiés. Joliette mise sur sa vitalité culturelle et son secteur des services pour attirer de nouvelles familles. Dans ces villes, l’investissement immobilier n’est pas basé sur la seule proximité de Montréal, mais sur une économie locale diversifiée qui assure une demande locative stable et croissante.

Cette attractivité se reflète dans les prévisions de marché, qui, bien que montrant une croissance généralisée, cachent des réalités locales variées. Un investisseur avisé doit regarder au-delà des pourcentages globaux pour comprendre les forces spécifiques à chaque région.

Prévisions régionales du marché immobilier québécois 2024
Région Croissance prix prévue Q4 2024 Caractéristique du marché
Grand Montréal +5% Marché de vendeurs agressif
Reste du Québec +4% à +5% Marchés variés selon localisation
Villes émergentes Variable Potentiel pour investisseurs (Drummondville, Saint-Hyacinthe)

Le véritable potentiel ne se trouve donc pas dans la recherche du loyer le plus élevé par rapport au prix d’achat le plus bas à un instant T. Il se trouve dans l’identification des villes où la croissance démographique et la création d’emplois garantiront l’appréciation de la valeur locative et du capital à long terme. La question n’est plus seulement « où est-ce abordable ? », mais « où la demande de demain sera-t-elle la plus forte ? ».

Maintenant que vous disposez d’une grille de lecture démographique pour analyser le marché, l’étape suivante consiste à appliquer ces filtres à votre propre stratégie. Évaluez vos propriétés actuelles ou vos projets d’acquisition non seulement sur la base de leur emplacement, mais surtout sur leur capacité à répondre aux besoins concrets des acheteurs de demain.

Rédigé par Jean-François Lemieux, Courtier immobilier agréé DA au Québec avec 18 ans d'expérience, spécialiste des marchés de Montréal et de la Rive-Sud. Expert en négociation stratégique et analyse de valeur marchande, il maîtrise les subtilités des transactions sur Centris et les dynamiques de surenchère.