Publié le 10 mai 2024

La décision entre devenir propriétaire et rester locataire pour investir n’est pas une question de bien ou de mal, mais de stratégie personnelle adaptée à vos objectifs à 5 ans au Québec.

  • Évaluez votre « profil de vie » (mobilité, famille, tolérance au risque) avant même de calculer votre capacité d’emprunt.
  • Utilisez des tactiques précises comme la « règle des 3 visites » et la lettre de présentation pour sécuriser un bon achat, pas seulement un achat rapide.

Recommandation : La meilleure décision est celle qui aligne votre situation financière actuelle avec vos ambitions futures, en transformant votre propriété en un tremplin stratégique plutôt qu’un engagement à vie.

La question vous hante peut-être : est-ce le bon moment d’acheter ma première propriété au Québec, ou devrais-je plutôt rester locataire et investir la différence ? C’est le dilemme financier de toute une génération. On vous dira que louer, c’est « jeter de l’argent par les fenêtres », tandis que d’autres affirmeront que les coûts cachés de la propriété (taxes, entretien, réparations) en font un mauvais placement. Ces deux affirmations contiennent une part de vérité, mais elles passent à côté de l’essentiel.

En tant que coach financier, je vois trop de gens chercher une réponse mathématique universelle à une question profondément personnelle. La discussion ne devrait pas porter sur une feuille de calcul, mais sur votre vie. Vos ambitions de carrière nécessitent-elles de la mobilité ? Prévoyez-vous d’agrandir votre famille ? Quelle est votre tolérance au risque et à l’imprévu ? La véritable clé n’est pas de déterminer si l’achat est intrinsèquement meilleur que la location, mais de diagnostiquer votre « profil de vie » pour orchestrer une stratégie immobilière sur mesure.

Cet article n’est pas une autre simulation « louer vs acheter ». C’est une feuille de route stratégique. Nous allons décomposer les étapes, des premières décisions aux tactiques de négociation, pour vous permettre de prendre le contrôle et de choisir le chemin qui sert réellement vos ambitions à court et long terme, ici, au Québec. Oublions les dogmes financiers ; concentrons-nous sur ce qui fonctionne pour vous.

Pour vous guider dans cette réflexion stratégique, nous aborderons les questions cruciales que tout aspirant propriétaire ou investisseur doit se poser. Ce parcours est conçu pour vous fournir des outils concrets à chaque étape de votre décision.

Louer et investir la différence : est-ce vraiment plus payant que d’acheter sa résidence principale ?

C’est le point de départ de toute stratégie : le grand débat entre la sécurité de la brique et la flexibilité des marchés. La réponse n’est pas binaire. Pour le premier acheteur, la résidence principale offre un avantage fiscal majeur au Québec : le gain en capital à la revente est non imposable. C’est un enrichissement forcé, à l’abri de l’impôt, qui peut constituer un levier extraordinaire pour votre futur financier. Cependant, cette voie implique des coûts fixes importants (taxes municipales et scolaires, entretien, assurances) et un engagement géographique à long terme.

L’autre voie, celle du locataire-investisseur, mise tout sur la discipline et la croissance. En choisissant un loyer inférieur à ce que coûterait une hypothèque, vous dégagez une somme mensuelle à investir. Cette approche offre une flexibilité maximale et vous expose à des rendements potentiellement plus élevés que l’immobilier, mais aussi à une plus grande volatilité. Des stratégies comme la « Manœuvre Smith », bien que complexes et à aborder avec un conseiller, illustrent comment l’endettement peut être transformé en levier d’investissement, même si le contexte fiscal québécois en module l’efficacité. Le choix dépend donc de votre tolérance au risque et de votre discipline d’épargne.

Pour y voir plus clair, comparons objectivement les deux scénarios. Une analyse de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) met en lumière des réalités chiffrées qui dépassent les idées reçues, notamment sur le taux d’effort demandé aux locataires par rapport aux propriétaires.

Comparaison entre location et achat de résidence principale au Québec
Critère Location + Investissement Achat Résidence Principale
Taux d’effort logement 25% des locataires consacrent 30%+ de leur revenu 10% des propriétaires consacrent 30%+ de leur revenu
Gain en capital Imposable sur investissements Exempt d’impôt à la revente
Flexibilité Haute mobilité Engagement long terme
Gestion Minimale pour le locataire Entretien et réparations

Votre décision doit donc se baser sur votre « profil de vie » : un jeune professionnel visant une mobilité internationale privilégiera la flexibilité, tandis qu’une jeune famille cherchant la stabilité optera plus naturellement pour l’achat.

Qui engager en premier : le courtier immobilier ou le courtier hypothécaire ?

Une fois votre grande orientation stratégique choisie (acheteur ou investisseur), la première action concrète est de vous entourer. Mais dans quel ordre ? Faut-il d’abord trouver la maison de ses rêves ou savoir combien on peut payer pour elle ? La réponse dépend directement de votre profil.

Pour le premier acheteur, la séquence est claire : consultez un courtier hypothécaire avant même d’ouvrir une application immobilière. Votre plus grand risque est de tomber amoureux d’une propriété hors de portée. Obtenir une préapprobation hypothécaire n’est pas une simple formalité ; c’est un diagnostic financier qui définit votre terrain de jeu. Cela vous donne un budget maximal réaliste, vous protège des déceptions et renforce considérablement votre pouvoir de négociation lorsque vous ferez une offre.

Pour l’investisseur aguerri, l’approche peut être inversée. L’objectif n’est pas de trouver une maison, mais une « opportunité ». L’investisseur peut donc commencer par un courtier immobilier spécialisé pour identifier des biens avec un potentiel de valorisation (plex à optimiser, secteur en développement). Une fois la cible identifiée, le courtier hypothécaire entre en jeu pour structurer le financement le plus avantageux. L’un trouve l’affaire, l’autre la rend possible. Il est crucial de se rappeler que les services d’un courtier immobilier expérimenté sont entièrement gratuits pour les acheteurs au Québec, car leur commission est payée par le vendeur. Il n’y a donc aucune raison de se priver de cette expertise.

  • Profil Premier Acheteur : Contactez d’abord le courtier hypothécaire pour établir votre capacité d’emprunt et éviter les déceptions.
  • Profil Investisseur : Commencez par le courtier immobilier pour identifier les opportunités, puis validez le financement.
  • Profil Hybride (ex: achat d’un duplex) : Travaillez avec les deux en parallèle. Le courtier immobilier cible des biens à potentiel pendant que le courtier hypothécaire valide la faisabilité financière de chaque scénario.

L’important est de ne pas avancer seul. Ces deux experts forment votre première ligne de défense pour un projet immobilier réussi et sécuritaire.

Comment ne pas tomber amoureux d’une maison « citron » grâce à la règle des 3 visites ?

Le marché immobilier est un terrain de jeu émotionnel. On ne visite pas des murs et des poutres, on se projette dans une vie. C’est précisément ce qui peut vous faire acheter un « citron » : une propriété pleine de vices cachés, masquée par une cuisine rénovée et un beau jardin. Pour contrer ce « capital émotionnel » et rester objectif, adoptez la règle stratégique des 3 visites. Chaque visite a un objectif unique et rationnel.

Couple inspectant minutieusement une maison québécoise en hiver avec checklist

Comme le montre cette scène typiquement québécoise, l’inspection hivernale est révélatrice. C’est là que l’on décèle les problèmes d’isolation, les ponts thermiques ou les infiltrations au sous-sol. Ne vous laissez pas charmer par le foyer crépitant ; votre mission est de jouer à l’inspecteur.

Cette approche disciplinée transforme la recherche d’une maison en un processus d’audit. La première visite est pour le cœur, les deux suivantes sont pour la tête. Au Québec, où la qualité des travaux de rénovation n’est pas toujours standardisée, cette prudence est non négociable. Un inspecteur en bâtiment qualifié reste votre meilleur investissement avant de signer, mais ces trois visites vous permettront de filtrer les pires candidats et de ne présenter une offre que sur des propriétés qui ont passé votre propre contrôle qualité initial.

Votre plan d’action pour les 3 visites stratégiques

  1. Visite 1 – Le coup de cœur : Visite rapide (15-20 min) axée sur l’émotion. Est-ce que l’espace « fonctionne » pour vous ? Le quartier vous plaît-il ? C’est le filtre du « oui/non » initial.
  2. Visite 2 – L’audit technique québécois : Revenez avec un œil critique. Vérifiez l’isolation du sous-sol, l’âge et l’efficacité du système de chauffage, l’état de la toiture face aux rudes hivers. Prenez des photos de tout ce qui semble suspect.
  3. Visite 3 – L’immersion de quartier : Visitez à différentes heures. Testez le stationnement à 18h. Passez un samedi matin pour évaluer le bruit. Discutez avec les voisins des enjeux locaux (déneigement, bruit, etc.).
  4. L’œil extérieur : Lors de la visite 2 ou 3, amenez un ami ou un membre de la famille qui n’est pas émotionnellement impliqué. Il verra les défauts que votre enthousiasme vous cache.
  5. La pré-inspection : Si vous êtes très sérieux, certains experts recommandent une pré-inspection visuelle avec un professionnel avant même de faire une offre dans un marché compétitif.

En suivant cette méthode, vous remplacez l’espoir par la stratégie, vous assurant que votre décision est basée sur des faits et non sur un coup de foudre passager.

L’erreur d’acheter une maison « pour la vie » quand vos besoins changeront dans 5 ans

L’un des plus grands mythes immobiliers est celui de la « maison pour toujours ». Nos grands-parents achetaient peut-être une maison pour y passer 40 ans, mais nos vies sont différentes. Les carrières évoluent, les familles se recomposent, les besoins changent. Penser à un achat immobilier comme un engagement à vie est une erreur stratégique qui peut vous coûter cher en flexibilité et en opportunités.

Adoptez plutôt le concept de la « propriété-tremplin ». Votre premier achat n’est pas une destination finale, mais une étape dans votre parcours financier. L’objectif est d’acquérir un bien qui répond à vos besoins pour les 5 à 7 prochaines années, tout en prenant de la valeur. Cette plus-value, non imposable s’il s’agit de votre résidence principale, deviendra l’apport pour votre prochaine propriété, plus grande, mieux située, ou pour financer un projet de vie. Au Québec, où le marché est historiquement plus stable et accessible que dans d’autres provinces, cette stratégie est particulièrement pertinente. Elle permet d’entrer sur le marché avec un capital raisonnable et de bâtir un patrimoine tangible.

En pensant en termes de 5 ans, vos critères de sélection changent. Vous ne cherchez plus la perfection, mais le potentiel. Un quartier en développement, une possibilité d’ajouter une chambre, ou simplement un bon prix d’entrée deviennent plus importants que la couleur des armoires de cuisine. Cette approche vous permet de capitaliser sur le marché. Par exemple, un gain en capital substantiel peut transformer votre capacité d’achat future, créant un effet boule de neige pour votre patrimoine. Ce n’est plus « la » maison, mais votre « premier » levier financier.

Envisager votre achat comme une étape stratégique plutôt qu’une finalité vous libère d’une pression immense et transforme votre propriété en un actif dynamique au service de vos ambitions futures.

Comment rédiger une lettre de présentation au vendeur pour gagner une offre multiple sans surenchérir ?

Dans un marché compétitif où plusieurs offres se retrouvent sur la table, le plus offrant n’est pas toujours celui qui gagne. Les vendeurs sont aussi des humains, souvent attachés à la maison où ils ont construit des souvenirs. Une lettre de présentation bien ficelée peut faire pencher la balance en votre faveur en créant un lien personnel et en rassurant le vendeur sur votre sérieux. Ce n’est pas une supplication, mais un outil de négociation professionnel.

La clé est d’adapter votre message au profil du vendeur. Si vous faites une offre sur une maison appartenant à un couple de retraités qui y a élevé ses enfants, misez sur la continuité. Exprimez votre admiration pour l’entretien de la maison et partagez sobrement votre projet de vie (ex: « Nous nous voyons déjà élever nos enfants dans ce jardin si bien entretenu »). Si le vendeur est un investisseur, l’argumentaire doit être différent : mettez l’accent sur la solidité de votre financement, la rapidité de la transaction et votre flexibilité sur les conditions. Joindre votre préapprobation hypothécaire détaillée est alors non négociable.

Un autre point stratégique est la flexibilité sur la date d’occupation. Proposer de vous adapter au calendrier du vendeur peut être un avantage considérable, qui a parfois plus de valeur qu’une surenchère de quelques milliers de dollars. Comme le souligne l’expérience de nombreux premiers acheteurs, la solidité financière est la pierre angulaire de toute offre. Le témoignage suivant illustre bien cette réalité :

Même si un finissant obtient sa mise de fonds au complet en cadeau de ses parents (le ‘love money’), il aura quand même besoin d’un revenu annuel suffisant pour payer son hypothèque et réussir le test de résistance pour obtenir du financement.

Premier acheteur à Montréal, La Presse

En fin de compte, votre lettre doit répondre à la question implicite du vendeur : « À qui suis-je en train de confier ma propriété ? ». Une bonne réponse peut valoir de l’or.

Pourquoi y a-t-il plus de ménages d’une seule personne et quel impact sur les studios ?

Un investisseur avisé ne regarde pas seulement le marché d’aujourd’hui, il anticipe celui de demain. L’une des tendances démographiques les plus marquantes au Québec, comme ailleurs, est l’augmentation des ménages d’une seule personne. Cela inclut les jeunes professionnels qui retardent la vie de couple, les personnes divorcées et, de manière significative, une population vieillissante. Cette transformation structurelle a un impact direct et puissant sur la demande locative.

La maison unifamiliale en banlieue n’est plus l’unique idéal. La demande pour des logements plus petits, bien situés, fonctionnels et faciles d’entretien explose. Pour un investisseur, cela signifie que les studios et les petits appartements (3 ½) dans les centres urbains ou à proximité des services ne sont plus une simple niche, mais un segment de marché fondamental et en croissance. Comme le confirment les données, la tendance croissante des ménages unipersonnels transforme la demande locative, avec près d’un tiers des aînés vivant seuls.

Studio optimisé avec vue sur Montréal, aménagement moderne pour personne seule

Pour le profil « investisseur », comprendre cette tendance est crucial. Investir dans un studio bien conçu peut offrir un meilleur rendement locatif et un taux d’inoccupation plus faible qu’un grand logement familial dans certains secteurs. Pour le profil « premier acheteur », cela peut aussi être une porte d’entrée sur le marché : acheter un condo plus petit comme « propriété-tremplin » est une stratégie intelligente pour commencer à bâtir son patrimoine sans s’endetter au maximum de sa capacité.

Cette réalité démographique ouvre des opportunités pour ceux qui savent regarder au-delà des modèles traditionnels et adapter leur stratégie d’investissement aux nouveaux modes de vie.

Comment ne pas acheter sous le coup de l’émotion quand les médias crient à la pénurie ?

« Pénurie de logements ! », « Surenchère record ! », « Le marché s’emballe ! ». Les manchettes médiatiques sont conçues pour provoquer une réaction, et en immobilier, cette réaction est souvent la peur de manquer une opportunité (le fameux FOMO). C’est le piège parfait pour prendre une décision hâtive, surpayer une propriété ou ignorer des signaux d’alarme. Agir sous l’emprise de la panique est la pire stratégie possible. En tant que coach, mon premier conseil est simple : respirez et prenez du recul.

La clé pour naviguer dans un marché frénétique est de se construire une forteresse rationnelle. Avant même la première visite, vous devez avoir défini votre grille de décision objective. Cela inclut votre budget maximal non négociable (préapprobation en main), vos critères essentiels (temps de transport, nombre de chambres, accès à un parc) et vos « nice-to-have ». Cette grille est votre ancre. Quand l’agent vous dit « une autre offre vient de rentrer », vous ne consultez pas votre cœur, mais votre grille. Si la propriété ne coche pas les cases, vous passez à la suivante, sans regret. Comme le dit un expert du marché québécois, les opportunités existent toujours pour ceux qui savent garder la tête froide.

Les acheteurs se sont refroidis. C’est toujours le bon temps d’acheter pour ceux qui savent dénicher les bons immeubles et exploiter leur potentiel. Les investisseurs aguerris restent aux aguets.

– Yvan Cournoyer, Président du Club d’investisseurs immobiliers du Québec – Les Affaires

Pour vous aider à construire cette forteresse, voici un plan d’action concret à mettre en place dès maintenant.

Votre checklist pour un achat rationnel

  1. Définir les limites : Établissez votre budget maximum absolu avec votre courtier hypothécaire AVANT de commencer les visites et engagez-vous à ne jamais le dépasser.
  2. Inventorier les besoins : Listez par écrit vos 3 à 5 critères non-négociables (ex: 2 chambres, moins de 45 min de transport, cour). Ce sont vos filtres.
  3. Filtrer le bruit : Ignorez les titres médiatiques nationaux et concentrez-vous sur les données de ventes réelles du quartier précis que vous visez (votre courtier peut vous les fournir).
  4. Embarquer un sceptique : Faites-vous accompagner lors d’une deuxième visite par un ami ou parent neutre et rationnel. Sa mission : pointer tous les défauts que votre enthousiasme ignore.
  5. Imposer un délai : Instituez une règle personnelle stricte : attendre un minimum de 24 heures entre une visite « coup de cœur » et la rédaction d’une offre d’achat.

Le marché peut être fou, mais votre stratégie, elle, doit rester d’une rationalité imperturbable. C’est ainsi que l’on fait de bonnes affaires, même en période de turbulence.

À retenir

  • La décision « louer vs acheter » est avant tout une décision de style de vie avant d’être une décision financière.
  • Votre premier achat ne doit pas être la maison de vos rêves, mais une « propriété-tremplin » stratégique pour bâtir votre patrimoine.
  • Dans un marché compétitif, la rationalité (règle des 3 visites, grille de décision) et l’intelligence émotionnelle (lettre de présentation) sont plus payantes que la surenchère.

Combien pouvez-vous vraiment emprunter pour une maison avec un salaire de 80 000 $ au Québec ?

Après la stratégie et la psychologie, revenons au nerf de la guerre : l’argent. Un salaire de 80 000 $ par an est un revenu confortable au Québec, mais qu’est-ce que cela signifie concrètement en termes de pouvoir d’achat immobilier ? La réponse est plus complexe qu’un simple calcul de ratio d’endettement. Plusieurs facteurs entrent en jeu, notamment vos dettes actuelles (prêt auto, carte de crédit), votre mise de fonds et, surtout, les programmes d’aide disponibles.

Pour un premier acheteur, l’outil le plus puissant est sans conteste le Régime d’accession à la propriété (RAP). Ce programme fédéral, très utilisé au Québec, vous permet de retirer jusqu’à 60 000 $ de vos REER (Régimes enregistrés d’épargne-retraite) sans payer d’impôt sur le retrait, pour constituer votre mise de fonds. Vous avez ensuite 15 ans pour rembourser ces fonds dans votre REER. C’est essentiellement un prêt sans intérêt que vous vous faites à vous-même, et cela peut radicalement changer votre capacité d’achat.

Concrètement, avec 80 000 $ de salaire, aucune autre dette et une bonne cote de crédit, un courtier hypothécaire pourrait vous obtenir une préapprobation autour de 350 000 $ – 400 000 $. Mais ce chiffre est théorique. Il faut y ajouter votre mise de fonds (le RAP peut être déterminant ici) et soustraire l’impact du « test de résistance » hypothécaire, qui vérifie que vous pourriez toujours payer si les taux augmentaient. Le meilleur réflexe n’est pas d’utiliser un calculateur en ligne, mais de vous asseoir avec un courtier hypothécaire. Il fera une analyse précise de votre situation et vous donnera un chiffre fiable sur lequel baser votre recherche.

Votre salaire est un point de départ, mais votre capacité d’emprunt réelle est le résultat d’une orchestration financière précise. Pour la maximiser, une planification rigoureuse avec l’aide d’experts est votre meilleur atout.

Rédigé par Sophie Bouchard, Courtier hypothécaire indépendante et ex-directrice de comptes majeurs en banque, cumulant 14 ans d'expertise en financement immobilier au Québec. Elle est spécialisée dans les stratégies de qualification complexe, le RAP, le CELIAPP et l'optimisation de la cote de crédit.