
Utiliser le RAP est un acte de précision chirurgicale, pas une simple ponction dans votre épargne ; la nouvelle limite de 60 000 $ amplifie autant les opportunités que les risques fiscaux.
- Le non-remboursement de votre RAP transforme un prêt sans intérêt en un revenu entièrement imposable à votre taux marginal le plus élevé.
- Le respect de la règle des 90 jours est non négociable : une cotisation trop tardive avant un retrait annule la déduction fiscale et peut mener à une double imposition.
- La combinaison stratégique du RAP en couple (jusqu’à 120 000 $) et du CELIAPP peut être la clé pour atteindre les 20 % de mise de fonds et éviter l’assurance SCHL.
Recommandation : Avant tout retrait, modélisez l’impact fiscal de chaque scénario (remboursement, prêt REER, ordre d’utilisation des régimes) avec un professionnel pour que votre RAP soit un levier et non un piège.
L’annonce du passage du plafond du Régime d’accession à la propriété (RAP) à 60 000 $ a été accueillie comme une bouffée d’air frais par de nombreux aspirants propriétaires au Québec. La perspective de pouvoir mobiliser une part plus substantielle de son Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) pour la mise de fonds est alléchante. Mais cette formidable opportunité cache une complexité souvent sous-estimée. Beaucoup perçoivent le RAP comme un simple droit de piocher dans son épargne, une sorte de prêt à soi-même, sans intérêt et sans conséquence.
C’est une erreur de perspective qui peut coûter très cher. En réalité, le RAP n’est pas une pioche, mais un scalpel fiscal. Chaque règle, du délai de cotisation au calendrier de remboursement, est une lame qui, mal maniée, peut infliger des blessures profondes à votre santé financière. Penser que l’on peut simplement retirer 60 000 $ et s’en soucier plus tard, c’est ignorer le coût d’opportunité fiscal, les pièges de la synchronisation et les interactions complexes avec d’autres leviers comme le CELIAPP ou les stratégies pour couples.
Cet article n’est pas un simple mode d’emploi. C’est une feuille de route stratégique conçue pour l’épargnant astucieux qui comprend qu’en matière de fiscalité, le diable se cache dans les détails. Nous allons disséquer les erreurs les plus courantes et les plus coûteuses, mais surtout, révéler les stratégies d’optimisation qui transforment ce régime en un puissant outil d’ingénierie de mise de fonds. L’objectif n’est pas seulement de vous aider à acheter une maison, mais de le faire avec une efficacité fiscale maximale.
Cet article vous guidera à travers les mécanismes essentiels du RAP, des conséquences d’un remboursement manqué aux stratégies les plus pointues pour les couples ou les investisseurs. Le sommaire ci-dessous vous donne un aperçu des points stratégiques que nous allons aborder.
Sommaire : Stratégies et pièges du RAP pour l’achat de votre propriété
- Pourquoi ne pas rembourser votre RAP à temps vous coûtera cher en impôts ?
- Couple et RAP : comment cumuler vos droits de retrait pour une mise de fonds de 120 000 $ ?
- L’erreur de déposer vos fonds dans le REER moins de 90 jours avant le retrait RAP
- Divorce ou séparation : avez-vous le droit de « rapper » à nouveau pour vous reloger ?
- Faut-il emprunter pour cotiser à ses REER et faire un RAP (prêt REER) ?
- CELIAPP vs RAP : dans quel ordre utiliser ces régimes pour votre première mise de fonds ?
- L’erreur de réclamer l’amortissement sur l’immeuble si vous comptez vendre bientôt
- Assurance SCHL : est-il plus rentable de mettre 20% de mise de fonds pour l’éviter ?
Pourquoi ne pas rembourser votre RAP à temps vous coûtera cher en impôts ?
La perception la plus dangereuse concernant le RAP est de le considérer comme de l’argent « gratuit ». La réalité est bien différente : il s’agit d’un prêt que vous vous faites à vous-même, et l’Agence du revenu du Canada (ARC) ainsi que Revenu Québec agissent comme des superviseurs stricts. L’obligation de remboursement commence la deuxième année suivant celle du retrait et s’étale sur une période maximale de 15 ans. Chaque année, vous devez rembourser au minimum 1/15e du montant total retiré.
L’erreur la plus commune et la plus coûteuse est de négliger ce remboursement. Si vous omettez de rembourser le montant annuel requis, celui-ci n’est pas simplement reporté. Il est purement et simplement ajouté à votre revenu imposable pour l’année en cours. Un retrait qui était initialement libre d’impôt se transforme alors en un revenu pleinement taxable, à votre taux marginal d’imposition le plus élevé. C’est le piège fiscal par excellence : vous perdez définitivement le bénéfice de l’abri fiscal de votre REER sur ce montant.
Pour illustrer ce coût d’opportunité fiscal, prenons un exemple concret. L’analyse de cas est un outil puissant pour comprendre l’impact réel de cette règle.
Étude de cas : L’impact fiscal du non-remboursement
Prenons le cas de Béatrice, qui a retiré 35 000 $ via le RAP. Son remboursement annuel minimum est de 2 333 $ (35 000 $ / 15). Si, une année, elle ne peut pas effectuer ce remboursement, ces 2 333 $ sont ajoutés à ses revenus. Au Québec, pour une personne ayant un taux marginal d’imposition de 37,12%, cela se traduit par une facture d’impôt supplémentaire d’environ 866 $ pour cette seule année, comme le démontre l’exemple chiffré de la Banque Nationale. Avec le nouveau plafond de 60 000 $, le remboursement annuel est de 4 000 $, et l’impact fiscal d’un oubli peut dépasser 1 500 $ par an.
Le remboursement n’est donc pas une option, mais une discipline essentielle pour préserver l’avantage fiscal du RAP. Planifier ces remboursements dans votre budget annuel est aussi crucial que de payer votre hypothèque.
Couple et RAP : comment cumuler vos droits de retrait pour une mise de fonds de 120 000 $ ?
Pour un couple, le RAP devient un outil d’une puissance décuplée. Si les deux conjoints sont admissibles en tant que premiers acheteurs, ils peuvent chacun retirer jusqu’à 60 000 $ de leurs REER respectifs. Cela représente une mise de fonds potentielle de 120 000 $, une somme considérable qui peut changer radicalement la nature du projet immobilier, notamment en permettant d’atteindre le seuil des 20 % pour éviter l’assurance de la SCHL.
Cependant, l’optimisation ne s’arrête pas à la simple addition des deux montants. Une stratégie fiscale astucieuse implique un arbitrage stratégique. L’idée est de maximiser la déduction fiscale générée par les cotisations REER. Généralement, il est plus avantageux que le conjoint ayant le taux marginal d’imposition le plus élevé maximise ses cotisations. La déduction obtenue sera plus importante, générant un retour d’impôt plus conséquent qui pourra lui-même être injecté dans l’achat (frais de notaire, taxe de bienvenue).
La planification du retrait et du remboursement doit aussi être coordonnée. Il faut évaluer la capacité de remboursement de chaque conjoint sur 15 ans. Au Québec, une attention particulière doit être portée au statut de conjoint de fait. Pour sécuriser l’entente et la propriété conjointe du bien, il est fortement recommandé de faire rédiger une convention de vie commune par un notaire. Cet acte clarifie les apports de chacun et les modalités en cas de séparation, un aspect crucial quand des sommes aussi importantes sont en jeu.

La visualisation de cette planification conjointe, où les deux partenaires unissent leurs efforts financiers, met en lumière l’importance de la communication et d’une stratégie commune pour transformer deux RAP individuels en un levier financier unifié et puissant.
L’erreur de déposer vos fonds dans le REER moins de 90 jours avant le retrait RAP
La règle des 90 jours est l’un des pièges les plus méconnus et les plus stricts du RAP. Elle stipule que les fonds cotisés à un REER doivent y demeurer pendant au moins 90 jours avant de pouvoir être retirés dans le cadre du RAP pour être déductibles d’impôt. Si vous retirez des cotisations versées moins de 90 jours auparavant, la déduction fiscale pour ces cotisations sera refusée.
L’intention du législateur est claire : empêcher l’utilisation du REER comme un simple « compte de passage » pour obtenir une déduction fiscale rapide juste avant d’acheter une maison. L’erreur de synchronisation peut anéantir tout l’avantage de la stratégie. Imaginez cotiser 10 000 $ en pensant obtenir une déduction de près de 3 700 $ (à un taux de 37%), pour ensuite réaliser que votre retrait trop rapide a rendu cette cotisation non déductible. Vous avez mobilisé vos fonds pour rien, et le montant retiré devra tout de même être remboursé sur 15 ans.
Le pire scénario est celui de la double imposition potentielle. Si la déduction est refusée à l’origine et que vous manquez un remboursement futur sur ce même montant, vous serez imposé une seconde fois. Comme le précise la documentation de Sun Life, les cotisations doivent être déposées et rester dans le compte pour la durée requise. Le tableau suivant illustre clairement l’impact financier de cette règle de synchronisation.
Ce tableau comparatif, basé sur les informations fournies par des experts-comptables, met en évidence l’impact direct du respect de la règle des 90 jours.
| Situation | Montant cotisé | Déductible d’impôt | Impact fiscal |
|---|---|---|---|
| Dépôt 91+ jours avant RAP | 10 000 $ | Oui | Économie de 3 700 $ (taux 37%) |
| Dépôt 80 jours avant RAP | 10 000 $ | Non | Aucune économie |
| Dépôt 30 jours avant RAP | 10 000 $ | Non | Double imposition potentielle |
Divorce ou séparation : avez-vous le droit de « rapper » à nouveau pour vous reloger ?
Traditionnellement, le RAP est associé au concept de « premier acheteur ». Cependant, les réalités de la vie, comme un divorce ou une séparation, ont conduit le gouvernement à assouplir les règles. Il est désormais possible de participer à nouveau au RAP même si l’on a déjà été propriétaire, sous des conditions très spécifiques. Cette mesure vise à aider les personnes à se reloger après une rupture.
Depuis 2019, une personne divorcée ou séparée peut être admissible au RAP sans satisfaire au critère de premier acheteur. Les conditions sont strictes et doivent être vues comme une exception à la règle générale. Selon une analyse détaillée des conditions post-séparation, la personne doit vivre séparément de son ex-conjoint depuis au moins 90 jours au moment du retrait et la séparation doit avoir débuté dans l’année du retrait ou au cours des quatre années civiles précédentes. De plus, l’ancienne résidence principale doit être vendue au plus tard deux ans après la fin de l’année du retrait RAP.
Si vous êtes de nouveau en couple, la situation se complexifie. Comme le souligne le guide de Wealthsimple, l’admissibilité est possible si vous ne vivez pas dans une habitation appartenant à votre nouveau partenaire.
Vous pouvez redevenir admissible au RAP si vous n’êtes pas propriétaire et que vous ne vivez pas dans une habitation appartenant à votre partenaire pendant au moins quatre années civiles complètes
– Wealthsimple, Guide sur le Régime d’accession à la propriété
Cette règle est une bouée de sauvetage financière pour de nombreuses personnes traversant une période difficile. Elle démontre que le RAP est un outil flexible qui s’adapte à des situations de vie complexes, à condition de bien maîtriser ses clauses spécifiques. Un planificateur fiscal peut vous aider à valider votre admissibilité et à naviguer ces critères pour éviter un retrait non conforme.
Faut-il emprunter pour cotiser à ses REER et faire un RAP (prêt REER) ?
La stratégie du « prêt REER » pour maximiser un RAP est l’une des techniques d’ingénierie de mise de fonds les plus avancées. Elle peut sembler contre-intuitive : s’endetter pour épargner. Pourtant, lorsqu’elle est bien exécutée, elle peut créer un effet de levier fiscal très puissant. Le principe est simple : si vous n’avez pas les liquidités pour maximiser vos cotisations REER avant un RAP, vous contractez un prêt à court terme pour le faire.
Vous empruntez le montant maximal de vos droits de cotisation REER inutilisés. Vous déposez cette somme dans votre REER, en respectant scrupuleusement la règle des 90 jours. Ensuite, vous effectuez votre retrait RAP. Une partie de ce retrait sert à rembourser immédiatement le prêt REER. Le véritable gain se situe au niveau fiscal : la cotisation massive que vous avez effectuée génère une importante déduction d’impôt. Ce remboursement d’impôt devient alors une somme nette que vous pouvez utiliser pour votre mise de fonds, les frais de notaire, la taxe de bienvenue ou d’autres dépenses liées à l’achat.

Cette stratégie n’est pas pour tout le monde. Elle exige une discipline de fer, une bonne cote de crédit pour obtenir le prêt initial, et une compréhension claire des flux financiers. C’est un arbitrage où l’on paie des intérêts sur un prêt à court terme pour générer un gain fiscal supérieur. La clé est de s’assurer que le retour d’impôt attendu justifie le coût de l’emprunt. Une analyse par un conseiller financier est indispensable pour valider la rentabilité de l’opération dans votre situation personnelle.
Plan d’action : la stratégie du prêt REER pour maximiser le RAP
- Étape 1 : Emprunter le montant de cotisation REER maximale permise pour maximiser la déduction.
- Étape 2 : Investir le montant emprunté dans un REER et attendre un minimum de 90 jours.
- Étape 3 : Retirer le montant via le RAP pour rembourser le prêt REER initial.
- Étape 4 : Utiliser le remboursement d’impôt obtenu grâce à la déduction pour augmenter la mise de fonds ou couvrir les frais d’achat.
- Étape 5 : Planifier rigoureusement le remboursement sur 15 ans du montant total retiré via le RAP.
CELIAPP vs RAP : dans quel ordre utiliser ces régimes pour votre première mise de fonds ?
L’arrivée du Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) a introduit une nouvelle variable dans l’équation de la mise de fonds. La question n’est plus seulement « comment utiliser le RAP ? », mais « dans quel ordre utiliser le RAP et le CELIAPP ? ». Ces deux régimes offrent une déduction fiscale sur les cotisations, mais leurs mécanismes de retrait et de remboursement diffèrent radicalement.
Le CELIAPP combine le meilleur des deux mondes : les cotisations sont déductibles d’impôt (comme le REER) et les retraits (incluant les revenus de placement) sont non imposables s’ils sont utilisés pour une habitation admissible (comme le CELI). Surtout, il n’y a aucune obligation de remboursement. Le RAP, lui, exige un remboursement sur 15 ans. Cet élément est le pivot de la stratégie d’arbitrage. En général, un planificateur fiscal recommandera de maximiser le CELIAPP en premier.
La stratégie optimale pour la plupart des acheteurs est la suivante :
- Ouvrir un CELIAPP et cotiser le maximum possible (jusqu’à 8 000 $ par an, avec un plafond à vie de 40 000 $).
- Si la mise de fonds nécessaire est supérieure à ce que le CELIAPP peut fournir, utiliser le RAP en complément.
Cette approche permet de minimiser l’obligation de remboursement future. Vous ne « RAPPez » que le montant strictement nécessaire après avoir épuisé le potentiel du CELIAPP. Le tableau suivant, qui synthétise les données de sources comme l’analyse comparative de la Banque Scotia, met en lumière les différences fondamentales.
| Critère | CELIAPP | RAP |
|---|---|---|
| Montant maximum | 40 000 $ | 60 000 $ |
| Cotisation annuelle max | 8 000 $ | Limite REER (18% du revenu) |
| Remboursement requis | Non | Oui, sur 15 ans |
| Délai avant retrait | Aucun | 90 jours minimum |
| Déduction fiscale | Oui | Oui (sur cotisation) |
L’erreur de réclamer l’amortissement sur l’immeuble si vous comptez vendre bientôt
Pour les acheteurs qui ciblent un duplex, triplex ou tout autre immeuble à revenus (un « plex ») au Québec, une nouvelle couche de complexité fiscale s’ajoute. En tant que propriétaire-occupant, vous pouvez réclamer la Déduction pour Amortissement (DPA) sur la partie locative de votre immeuble. Cette déduction réduit votre revenu locatif imposable chaque année, ce qui semble être une excellente optimisation.
Cependant, c’est un piège fiscal potentiel pour ceux qui envisagent de vendre leur propriété à court ou moyen terme. Le mécanisme de la DPA n’est pas un cadeau, mais un report d’impôt. Lors de la revente de l’immeuble, vous serez soumis à la « récupération d’amortissement ». Tout l’amortissement que vous avez déduit au fil des ans sera ajouté à votre revenu l’année de la vente et imposé comme un revenu ordinaire. De plus, si l’immeuble a pris de la valeur, la DPA réclamée peut réduire la portion du gain en capital admissible à l’exemption pour résidence principale.
La décision de réclamer ou non la DPA est un arbitrage stratégique. Si vous prévoyez de conserver l’immeuble très longtemps (plus de 7-10 ans), le gain fiscal annuel peut l’emporter sur l’impact de la récupération future. Si vous pensez vendre en moins de 5 ans, il est souvent plus prudent de ne pas réclamer la DPA.
Étude de cas : Le piège de la DPA sur un plex à Montréal
Imaginons un propriétaire-occupant d’un duplex qui a utilisé son RAP. Il décide de réclamer la DPA sur sa partie locative. Après 3 ans, il a cumulé 15 000 $ de DPA. Il vend l’immeuble. Ces 15 000 $ seront entièrement ajoutés à son revenu de l’année de la vente, créant potentiellement une facture fiscale de plus de 7 000 $ d’un seul coup, annulant une grande partie des économies réalisées au fil des ans.
Avant de cocher la case de la DPA sur votre déclaration de revenus, il est impératif de calculer le point de rentabilité avec un fiscaliste et de l’aligner sur votre horizon de détention de l’immeuble.
À retenir
- Le non-remboursement du RAP est une erreur coûteuse : chaque dollar non remboursé est ajouté à votre revenu imposable, annulant l’avantage fiscal initial.
- La combinaison des régimes est essentielle : utiliser le CELIAPP en priorité minimise l’endettement futur, tandis que la coordination du RAP en couple peut débloquer jusqu’à 120 000 $ de mise de fonds.
- La synchronisation est reine : la règle des 90 jours est absolue et la stratégie du prêt REER, bien que puissante, exige une planification parfaite pour être rentable.
Assurance SCHL : est-il plus rentable de mettre 20% de mise de fonds pour l’éviter ?
L’objectif ultime de toute stratégie de mise de fonds est souvent d’atteindre le fameux seuil de 20 %. Au Canada, si votre mise de fonds est inférieure à 20 % du prix d’achat, vous êtes légalement obligé de souscrire une assurance prêt hypothécaire, communément appelée « assurance SCHL » (bien qu’elle soit aussi offerte par Sagen et Canada Guaranty). Cette assurance protège le prêteur en cas de défaut de paiement de votre part, et sa prime est ajoutée au capital de votre prêt hypothécaire.
Cette prime peut représenter des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars. Pour une maison de 400 000 $ avec une mise de fonds de 10 % (40 000 $), la prime d’assurance peut s’élever à environ 11 160 $. En atteignant une mise de fonds de 20 % (80 000 $), cette dépense est complètement évitée. C’est ici que l’ingénierie de mise de fonds prend tout son sens. L’utilisation combinée du RAP d’un couple (jusqu’à 120 000 $) et des CELIAPP peut être le levier nécessaire pour franchir ce cap.
L’arbitrage est le suivant : est-il plus rentable de vider ses régimes enregistrés (et de s’imposer une discipline de remboursement pour le RAP) pour éviter la prime, ou est-il préférable de conserver ces fonds à l’abri de l’impôt et de payer l’assurance ? Comme le rappelle Sun Life, une mise de fonds de 20% requise pour éviter l’assurance SCHL est un objectif majeur. Le calcul dépend de l’horizon de temps et du coût d’opportunité du rendement des placements. Cependant, dans la plupart des cas, l’économie immédiate et substantielle de la prime SCHL justifie une stratégie RAP plus agressive.

Atteindre cette barre des 20 % n’est pas seulement une victoire financière, c’est aussi une porte d’entrée vers de meilleures conditions de prêt et une plus grande équité dans votre propriété dès le premier jour. C’est l’aboutissement d’une planification fiscale et financière rigoureuse.
Pour mettre en application ces stratégies complexes et les adapter à votre situation financière unique, l’étape suivante consiste à obtenir une analyse personnalisée. Consulter un planificateur financier ou un fiscaliste vous permettra de bâtir un plan de match sur mesure pour transformer votre projet d’achat en une réussite financière optimisée.